On croit connaître l’histoire par cœur: une jeune fille pleine de sollicitude s’en va porter beurre et galette à sa grand-mère malade, croise un loup matois, se confie imprudemment à lui, et l’aïeule comme la petite-fille finiront dans le ventre de la bête, ou pas. Mais on oublie souvent que les différentes versions du conte ont des morales divergentes…
Chez Charles Perrault, le Petit Chaperon rouge est une évaporée crédule qui, s’il fallait résumer les choses à la hussarde, mérite ce qui lui arrive: c’est un peu sa faute quand même si elle et sa grand-mère finissent sous les crocs d’un prédateur. La version des frères Grimm, en revanche, se conclut de façon plus subversive, puisqu’un chasseur extrait les victimes du ventre du loup, que celles-ci se vengent en tuant l’animal, et que plus tard, un autre loup fera les frais de la mamie et de la fillette coalisées pour lui tendre un piège ! C’est à cette version-là, ode aux forces de l’enfance et de la solidarité féminine, que Das Plateau rend hommage, à l’aide de tableaux paysages mêlant texte, musique et vidéo.