Chenille processionnaire du pin
Chaque année, au cœur de l'hiver, la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) se prépare à réapparaître sur nos territoires. Un phénomène annuel qui nécessite une vigilance constante.
Sur le domaine communal, des mesures de lutte sont mises en place chaque année pour limiter l'impact de cette infestation, notamment la détection, la suppression mécanique et l'installation de gouttières autour des troncs d'arbres infectés.

Un insecte nuisible, identifiable par son nid
Les chenilles processionnaires se reconnaissent à leurs nids en forme de sac de toile, souvent accrochés aux branches des pins. Leur comportement est également caractéristique : elles se déplacent en file indienne dès le mois de mars lorsqu'elles quittent leur nid.
C'est alors que les chenilles s'enfouissent dans le sol pour débuter leur nymphose, une phase de transformation qui peut durer de mars à juin. Toutefois, si les conditions climatiques sont défavorables, certaines chenilles peuvent rester sous forme de chrysalide pendant un à deux ans supplémentaires. Après leur cycle de reproduction, les papillons nocturnes pondent leurs œufs en été, et les larves apparaissent à l'automne. À l'arrivée du froid, elles forment des cocons avant de sortir en procession au printemps.
Des risques pour la santé publique
Les poils urticants de la chenille processionnaire peuvent entraîner de graves réactions chez les personnes impactées, telles que des irritations cutanées, des troubles oculaires et respiratoires. Les animaux domestiques sont également exposés à ces risques. Il est donc essentiel de se prémunir contre le contact avec ces insectes et leurs nids, qui conservent leurs propriétés urticantes pendant plusieurs années. Dans les zones à risque (crèches, écoles, parcs publics, aires de jeux, piscines), la lutte est rendue obligatoire par le canton. En dehors de ces périmètres, elle est fortement recommandée pour des raisons évidentes de santé publique.
Les solutions de lutte : des mesures concrètes
Plusieurs techniques sont possibles pour lutter contre l’infestation des chenilles processionnaires :
1. La lutte mécanique : Elle consiste à retirer manuellement les nids présents dans les pins et sont ensuite détruit par le feu. Cette intervention peut être faite par une entreprise spécialisée.
2. Le piégeage mécanique : L’installation de gouttières autour des troncs d’arbres permet de capturer les chenilles lorsqu’elles descendent du tronc. Un entretien régulier est nécessaire, notamment pour nettoyer les gouttières et remplacer les sacs endommagés par les UV.
3. Les pièges à phéromones : Ces dispositifs permettent de lutter contre les papillons en perturbant leur reproduction. En diffusant des effluves spécifiques, ils attirent et piègent les papillons mâles, réduisant ainsi la population.
4. L'installation de nichoirs à mésanges : La mésange charbonnière est un allié naturel dans la lutte contre les chenilles processionnaires. Cet oiseau, capable de percer les nids et de consommer les chenilles sans danger, constitue un remède écologique et efficace. Toutefois, il est crucial de ne pas nourrir les mésanges pendant la période de procession, afin qu’elles ciblent les chenilles plutôt que d’opter pour des sources de nourriture plus faciles.

Un impact environnemental non négligeable
En plus de leurs effets nocifs sur la santé, les chenilles processionnaires peuvent entraîner un affaiblissement des pins. En cas d’infestation massive, ces arbres peuvent subir une défoliation importante, rendant leur aspect moins esthétique et les rendant plus vulnérables aux maladies et autres parasites.
Bien que d’autres chenilles puissent également être présentes sur les pins, comme la « chenille Lophyre », il est important de noter que celle-ci n’est pas urticante, contrairement aux processionnaires. La confusion est possible aussi avec les différentes chenilles « Bombyx » qui se promènent elles aussi au sol mais qui ne sont-elles pas dangereuses pour l’Homme ou pour les animaux.
En conclusion, la lutte contre la chenille processionnaire du pin est indispensable pour préserver la santé publique, la protection des animaux domestiques et la préservation du patrimoine arboré. Les mesures préconisées permettent de maîtriser efficacement la propagation de ces chenilles. Si les services communaux interviennent sur le domaine public, il est de la responsabilité des propriétaires d’agir sur leurs parcelles, lors de l’observation de nids caractériels et facilement reconnaissables. Les mesures nécessaires doivent être prises pour éradiquer les chenilles, au cas échéant en faisant intervenir une entreprise spécialisée dans les soins aux arbres.